Damien Picard

Titre provisoire : Le logiciel libre en tant qu’outil de création ouvert, appliqué à la production de films d’animation.

Sous la direction d’Alain Lioret

Mail : dam.pic@free.fr 

Mots-clés : Animation, logiciel libre, outil

Description :

 Les studios d’animation s’appuient aujourd’hui sur les outils informatiques dans plusieurs domaines : gestion de production, création de contenu, diffusion. Ces outils nécessitent d’être maîtrisés par le studio, non seulement dans leur utilisation, mais aussi dans leur création, leur développement. En effet, s’il est possible de n’utiliser que des outils prêts à l’emploi, leurs limitations apparaissent rapidement dès lors qu’on en fait un usage avancé et intensif, comme c’est le cas en production. Il devient alors nécessaire d’en étendre les fonctionnalités, de créer des passerelles entre eux, ou simplement d’en faire la maintenance lorsqu’on rencontre un problème.

En utilisant des logiciels « propriétaires », c’est-à-dire des logiciels que l’utilisateur n’est pas libre de modifier, d’améliorer, de corriger et redistribuer, une partie de la tâche est entravée : il ne possède pas le programme, et ne peut l’étendre que dans la mesure que l’éditeur a bien voulu lui laisser.

Pourtant, peu sont les studios qui font le choix de n’utiliser que des logiciels libres, ou de développer activement des logiciels libres, et ce pour plusieurs raisons : par intérêt industriel, puisqu’un programme à source fermée ne bénéficie pas aux concurrents ; certains programmes propriétaires n’ont pas d’alternative libre ; ou les capacités de ces alternatives libres ne sont pas estimées suffisantes pour en motiver l’adoption ; l’utilisation de logiciels propriétaires s’accompagne parfois d’un support technique prioritaire que ne proposent que rarement les programmes libres.

En parallèle, le logiciel libre a ouvert la voie, dans le domaine de l’art numérique, à de nouvelles pratiques artistiques, ou du moins contribué à les rendre plus accessibles : les installations interactives, le video mapping ou le mouvement de creative coding, bénéficient de projets tels que les langages Python, Processing, PureData ; des bibliothèques et frameworks openCV, openFramework, ou du matériel comme Arduino et Raspberry Pi. Ces pratiques émergentes permettent de montrer que dans leur domaine, le logiciel libre a eu un effet bénéfique sur le potentiel créatif des artistes, en leur redonnant la maîtrise de leurs outils, qui est plus rare dans le film d’animation. Il sera intéressant de déterminer par la pratique si cette rareté est due à la faiblesse de l’offre des programmes, à la réticence des artistes ou des entreprises, ou simplement au fait que le modèle libre serait moins avantageux pour le film.

Cette thèse est entreprise en contrat CIFRE au sein de la société coopérative de production de films d’animation Les Fées Spéciales à Montpellier. Ce cadre professionnelle devra déboucher sur l’élaboration d’un pipeline fondé au maximum sur des programmes libres, du système d’exploitation aux formats d’image, en passant par toute la chaîne de production et de fabrication, et sur la création de contenu audiovisuel (films) utilisant ce pipeline.

La recherche en vue de la thèse exploitera ces expériences pour montrer pourquoi et comment ces buts ont été atteints : y a-t-il des limites à cette approche ? Comment un studio doit-il procéder pour l’adopter ?